Quand j’étais adolescente, je savais déjà que les pertes vaginales étaient normales. Ma mère me l’avait expliqué.
Mais entre savoir que les pertes existent et comprendre ce qu’on retrouve dans sa culotte, il y a quand même une différence. 😂
Pourquoi aujourd’hui elles sont blanches et demain presque transparentes ? Pourquoi parfois il y en a beaucoup plus ? Pourquoi leur texture change ? Et surtout : à partir de quand est-ce que ça devient anormal ?
Sur les réseaux, on trouve facilement des tableaux qui te font croire que :
blanc = mycose,
jaune = infection,
vert = infection sexuellement transmissible…
Mais ce n’est pas aussi simple.
La couleur d’une perte vaginale, à elle seule, ne permet pas de poser un diagnostic.
Pour comprendre ce qui se passe, il faut regarder l’ensemble : l’aspect des pertes, leur quantité, leur odeur, mais aussi la présence éventuelle de démangeaisons, brûlures, irritation, douleurs ou autres symptômes.
Et avant même de chercher ce qui pourrait être anormal, commençons par quelque chose qu’on oublie souvent :
avoir des pertes vaginales est normal.
Oui. Même tous les jours chez certaines femmes.
Mais au fait, pourquoi est-ce qu’on a des pertes vaginales ?
Avoir des pertes vaginales ne signifie pas que ton vagin est sale ou qu’il essaie de se débarrasser de quelque chose de mauvais.
Les sécrétions vaginales font partie du fonctionnement normal de ton corps.
Elles participent notamment au maintien de l’équilibre et de la protection de la zone vaginale. Et ce que tu retrouves dans ta culotte peut également contenir de la glaire cervicale, produite au niveau du col de l’utérus.
C’est aussi pour ça que tes pertes ne ressemblent pas exactement à la même chose tous les jours.
À certains moments, elles peuvent être plutôt blanches ou crémeuses. À d’autres, plus transparentes, fluides ou glissantes. Leur quantité peut également varier.
Autour de l’ovulation, par exemple, la glaire cervicale devient généralement plus abondante, transparente et étirable.
Tu peux avoir l’impression :
« Mais pourquoi j’ai autant de pertes aujourd’hui ? »
…alors qu’il peut simplement s’agir d’une variation physiologique liée à ton cycle.
Et c’est exactement pour ça que je préfère que tu apprennes à connaître tes pertes habituelles, plutôt que d’essayer de mémoriser une liste de couleurs.
Parce que chez toi, des pertes blanches peuvent être parfaitement normales.
Et chez une autre femme aussi.
Blanc ne veut donc pas automatiquement dire mycose.
La question intéressante est plutôt :
« Est-ce que quelque chose a changé par rapport à ce qui est habituel chez moi ? »
Couleur, texture, odeur : qu’est-ce qu’on doit vraiment regarder ?
C’est souvent la première chose qu’on fait : on regarde la couleur.
Et dès qu’elle nous paraît différente, Google est ouvert en trois secondes. 😂
Mais la couleur seule ne suffit pas.
Des pertes peuvent être blanches, transparentes ou légèrement crémeuses et être parfaitement physiologiques. Leur aspect peut également changer au cours du cycle.
Ce qui devient plus intéressant, c’est l’ensemble des signes.
Par exemple, des pertes blanches très épaisses ou grumeleuses, souvent décrites comme du « lait caillé », associées à des démangeaisons importantes, des brûlures ou une irritation de la vulve peuvent faire penser à une mycose.
Mais retiens bien le mot : peuvent.
Ce n’est pas parce que tu as vu du blanc dans ta culotte que tu peux automatiquement conclure :
« J’ai une mycose. »
Même chose pour l’odeur.
Tes sécrétions et ta vulve peuvent avoir une odeur naturelle. Ton vagin n’a pas besoin de sentir la rose pour être en bonne santé. 😭
En revanche, si tu remarques une odeur nouvelle, particulièrement forte ou franchement désagréable par exemple une odeur souvent décrite comme « de poisson » surtout si l’aspect de tes pertes a également changé, cela mérite davantage ton attention.
Et pour des pertes qui deviennent jaunes, verdâtres, grisâtres, rosées ou marron ?
On ne joue pas au diagnostic par couleur.
Certaines variations peuvent avoir une explication physiologique ou être liées à la présence d’un peu de sang, tandis que d’autres peuvent accompagner une infection ou un autre problème.
C’est le contexte qui compte.
Pose-toi plutôt ces questions :
Est-ce nouveau pour moi ?
Est-ce que l’odeur a changé ?
Est-ce que ça me gratte ou me brûle ?
Est-ce que ma vulve est irritée ?
Est-ce que j’ai mal ?
Est-ce que ça persiste ?
Parce qu’au final :
Ta culotte peut te donner des indices. Elle ne peut pas poser un diagnostic.
Pourquoi tes pertes peuvent laisser des traces dans ta culotte ?
Ça, c’est quelque chose qui m’intriguait beaucoup quand j’étais adolescente.
Ma mère m’avait toujours expliqué que les pertes vaginales étaient normales. Mais parfois, je regardais ma culotte et je me demandais quand même :
« Mais pourquoi ça laisse cette trace-là ? » 😭
Il faut savoir que le vagin possède naturellement un environnement acide, notamment grâce aux lactobacilles qui participent à l’équilibre de la flore vaginale.
Les sécrétions vaginales peuvent donc parfois laisser des traces sur les sous-vêtements et, sur certains tissus ou certaines couleurs, contribuer à une légère décoloration.
Et non : ça ne veut pas dire que tu es sale ou que tu as forcément une infection.
Mais attention à une idée qu’on voit aussi circuler sur les réseaux :
une culotte décolorée n’est pas un test de ton pH vaginal.
Tu ne peux pas regarder une trace et conclure : « Super, mon pH est parfait ! » 😂
C’est simplement une des choses qui peuvent arriver lorsqu’un tissu est régulièrement en contact avec les sécrétions de la zone intime.
Faut-il mettre un protège-slip tous les jours ?
Quand on a beaucoup de pertes, le réflexe peut être de mettre un protège-slip chaque matin pour éviter de retrouver de l’humidité ou des traces dans sa culotte.
Mais avoir des pertes physiologiques ne signifie pas que tu dois porter un protège-slip quotidiennement.
L’utilisation régulière de protège-slips peut favoriser les irritations chez certaines femmes, notamment à cause du contact prolongé, des frottements ou de certains produits parfumés.
Si tes pertes sont physiologiques, tu peux simplement privilégier des sous-vêtements confortables et respirants et en changer si tu en ressens le besoin.
Et surtout, ne cherche pas à obtenir une culotte parfaitement sèche du matin au soir comme preuve que tout va bien.
Ton vagin n’a pas besoin que tu le nettoies
Il y a une différence importante entre la vulve et le vagin.
La vulve, c’est la partie externe de tes organes génitaux.
Le vagin, lui, est le canal situé à l’intérieur.
Et ton vagin n’a pas besoin que tu introduises du savon, du parfum, du déodorant ou une douche vaginale pour être propre.
Il possède son propre équilibre et se nettoie naturellement grâce à ses sécrétions.
Pour la vulve, une toilette douce suffit. Et si tu utilises un produit lavant, mieux vaut choisir quelque chose de doux et non parfumé.
Surtout, l’objectif n’est pas de faire disparaître toute odeur.
Une vulve peut avoir une odeur naturelle.
Tu n’as pas besoin de sentir la rose, la vanille ou « fraîcheur tropicale 48 h » pour être propre. 😭
Au contraire, multiplier les produits parfumés ou essayer de nettoyer l’intérieur du vagin peut perturber son équilibre et provoquer des irritations.
Et parfois, en voulant absolument corriger quelque chose qui était physiologique…
on finit justement par créer un problème qui n’existait pas.
Quand est-ce qu’il faut consulter ?
Le but de cet article n’est pas que tu inspectes ta culotte tous les matins en te demandant si quelque chose ne va pas. 😭
Au contraire.
Plus tu connais tes pertes habituelles, plus tu peux remarquer lorsqu’il y a un vrai changement.
Ce qui doit davantage attirer ton attention, c’est par exemple une modification inhabituelle de tes pertes accompagnée de démangeaisons importantes, brûlures, irritation ou douleur au niveau de la vulve.
Une odeur devenue franchement forte ou désagréable, des douleurs pelviennes, des saignements inhabituels ou de la fièvre sont également des raisons de demander un avis médical, particulièrement si plusieurs de ces symptômes sont associés.
Imagine que tu me dises :
« Ça me gratte tellement que je suis gênée toute la journée, mes pertes ont complètement changé et l’odeur n’est vraiment pas habituelle. »
Là, je ne vais pas te conseiller de comparer ta culotte avec une infographie trouvée sur Internet.
Je vais te dire de consulter.
Selon tes symptômes et le contexte, un professionnel de santé pourra t’examiner et, si nécessaire, réaliser ou prescrire un prélèvement vaginal pour rechercher la cause.
Parce qu’une mycose, une vaginose bactérienne ou certaines infections sexuellement transmissibles ne se diagnostiquent pas simplement en choisissant la couleur qui ressemble le plus à tes pertes sur une image.
Apprends à connaître tes pertes avant d’essayer de les diagnostiquer
Tes pertes vaginales peuvent changer au cours du mois.
Elles peuvent être plus ou moins abondantes, blanches, transparentes, crémeuses ou plus glissantes selon les moments.
Ce qui compte, c’est aussi de connaître ce qui est habituel chez toi.
Parce que si un jour quelque chose change franchement l’aspect, l’odeur, la quantité et surtout si ce changement s’accompagne de démangeaisons, brûlures, irritation, douleurs ou d’autres symptômes, tu sauras que cela mérite davantage ton attention.
Alors la prochaine fois que tu vois quelque chose de différent dans ta culotte, ne commence pas automatiquement par :
« Quelle infection est-ce que j’ai ? »
Commence plutôt par :
« Est-ce habituel chez moi ? Et est-ce qu’il y a autre chose qui a changé ? »
Ta culotte peut te donner des indices.
Elle ne peut pas poser un diagnostic.
Et maintenant qu’on sait ce que des pertes physiologiques peuvent nous apprendre au cours du cycle, il y a une question qui revient naturellement :
comment reconnaître l’ovulation et la fameuse période fertile ?
Ce sera la prochaine étape du Journal Health Lovers. 🤎
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Assurance Maladie (ameli.fr) - Quelques conseils pour réaliser sa toilette intime
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Assurance Maladie (ameli.fr) - Mycose vaginale et autres vaginites : que faire et quand consulter ?
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Assurance Maladie (ameli.fr) - Mycose vaginale et autres vaginites : consultation et traitement
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Organisation mondiale de la Santé (OMS) - Vaginose bactérienne
Cet article a une vocation informative et éducative. Il ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes inhabituels, persistants ou inquiétants, consulte un professionnel de santé.